Centrales dappoint: Tracy - Delaney - Suroît:
Commentaires sous toute réserve
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Petite histoire dun article ...
Depuis plusieurs semaines on pouvait lire dans La Presse toute sorte darticles, pour et contre la construction de la Centrale Thermique à Suroît au Québec.
Parmi les commentaires exprimés dans les articles que jai eu loccasion de lire je nai pas trouvé dapproche qui refléterait mes observations.
Cela ma donné lenvie de lécrire.
Mais, je me suis vite aperçu que ce nest pas si simple.
Le volume des réflexions, accumulées depuis plus de vingt années, nentre pas dans quelques phrases.
Le besoin de les exprimer devenait vite mon obsession et un défi de taille.
La question de la construction de la centrale devenait secondaire, comme un détail dun ensemble beaucoup plus vaste.
Un détail qui, comme une crue imprévue, a fait déborder le barrage.
Juste lessentiel de ce que je voulais exprimer dépassait dix pages.
En les voyant - jétais sur le point de me décourager.
Je me suis aperçu que cela dépassait les cadres de La Presse.
Mais devenant ainsi a little bit pregnant il fallait accoucher cette tentative darticle.
Et ainsi lInternet métait paru comme meilleur moyen de le transmettre à ceux qui auront le courage de le lire.
Remerciement: Cet article a vu le jour grâce à la collaboration de mon fils Christophe Igor Wysocki qui savait, avec sa perspicacité et diplomatie, rendre mon contenu acceptablemment potable.
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La recherche de solutions ou la création de nouveaux problèmes?
Les voilà - grandes lignes des réflexions sur la problématique de laccroissement de la demande délectricité au Québec vue par quelquun indépendant - un importé( 1 ) de Pologne (sous toute réserve - évidemment). Les explications des (1 à 4) se trouvent à la fin de cet article.
Introduction:
Lapprovisionnement en électricité comprend deux composantes:
la consommation calculée en kWh et la demande exprimée en kW.
La consommation représente une quantité dénergie requise par clientèle, plus ou moins continuellement, telle quun nombre de litres dessence ou dhuile ( 2 ).
La demande représente une quantité dénergie requise par la même clientèle mais dans un laps de temps plus court quune heure.
Il y a encore les demandes momentanées, les plus embêtantes et palpables par une baisse soudaine de lintensité des lumières.
Cela semble être évident, tout le monde le sait, oui, mais très peu de gens se rendent compte de la portée de cette nuance.
La consommation suit de près les conditions climatiques et croit avec la population et ses activités. Mais, il est difficile de consommer plus quon peut.
Par contre, la demande ne suit pas les mêmes règles, elle peut varier drastiquement. On peut la gonfler facilement tout aussi bien que de la limiter.
Si, par exemple, on a besoin de 10 kWh pour chauffer leau, on peut le faire avec 1 kW durant dix heures, mais cela prend 10 kW pour atteindre le même résultat en une heure.
Autrement dit, la demande est plus vulnérable aux tentatives de stimulation artificielle de sa croissance.
Ainsi, après lenthousiasme des temps des programmes tout électrique on se retrouve dans la période où on découvre leur effets secondaires.
Les effets qui hantent maintenant la gestion des réseaux de distribution délectricité créant une sorte de situation de crise qui est, de toute vraisemblance, virtuelle.
La création dune telle situation permet de proposer un autre remède, tout en prétendant quil sera meilleur que les précédents ...
Comment arriver à voir le dessous de la problématique dune telle croissance à travers de toute cette rhétorique promotionnelle?
Est-ce quil ny a pas vraiment dautres options plus efficaces?
Cest un défi qui me tente. Essayons dy mettre un peu plus de lumière ...
Le problème No 1 - tant pour l'Hydro-Quebec (HQ) que pour tous les autres producteurs et distributeurs délectricité au monde, demeure toujours le même, celui du profil de la demande momentanée dénergie exprimée en kW. Cest cela ce que la clientèle retire aux bouts de différentes branches du réseau de la distribution délectricité pour faire fonctionner instantanément tout ce qui y est raccordé.
Cette demande momentanée de puissance détermine les capacités des entrées électriques des clients de l'Hydro-Quebec et, en remontant, celles de la distribution, de la transformation, des grosses lignes de transmission, et des centrales dappoint. Des centrales dappoint dans de cas où, les puissances disponibles des centrales hydrauliques existantes, et en opération, ne suffisent plus.
Cest la logique dont se sert la version officielle des justifications de toutes les démarches de la plupart de gros investissements de lHQ y compris celle du projet Suroît.
Autrement dit, si on narrive pas à répondre à la demande, il faut construire de nouvelles centrales, et en cela, au moins des centrales dappoint.
Cest la face de médaille plus facile à regarder que son revers, qui pose la question: est-ce que cette demande est vraiment réelle? Et, est-elle impossible à réduire, si non, contrôler ou limiter?
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Doù viennent nos problèmes des excès de la demande?
Si on veut vraiment résoudre un problème il faut retrouver ce qui le provoque. Il en est de même avec la croissance de la demande délectricité.
Progressivement, et imprudemment, on a crée les conditions de sa stimulation.
Pour donner un exemple: souvenez-vous les augmentations successives de la capacité en ampères (A) des entrées électriques de nos maisons?
Autrefois, les maisons uni-familiales (généralement chauffées à lhuile) avaient des entrées électriques de 60A. Ensuite, avec larrivée croissante déquipements électriques domestiques (laveuses, sécheuses, etc.) de plus en plus demandevores, les entrées électriques devenaient de100A et maintenant de 200A.
Cet accroissement insouciant résultait dune politique toute électrique et à tout prix. Politique louable dun côté (utilisation de ses propres sources dénergie) mais exposant de lautre côté une bonne partie de la population à une dépendance énergétique entière.
Tout électrique ou rien ...
Au cours des années on sétait aperçu que la demande délectricité augmente plus vite que sa consommation, ce qui augmentait des investissements pour y répondre sans assurer pour autant le même accroissement pour les ventes dénergie en kWh.
Alors, on a lancé les programmes de bi-énergie et après: le programme des thermostats programmables ...
Et quest-ce que cela a donné?
Le profil de la demande a changé graduellement sa forme. Au lieu dune suite des ondes plus ou moins prononcées, il ressemble plutôt aux dents dun peigne.
Cela fait très mal à la gestion du réseau de distribution délectricité ... tout en inspirant à une augmentation simpliste de la capacité de production délectricité à la source.
Comment des pointes de demande momentanée arrivent-elles?
Le soir, au retour de tout le monde à la maison, tout (ou presque) est mis en marche: les lumières, le chauffage (pour rattraper la température de confort), la cuisinière, la télévision, le chauffe-eau et après: laveuse, lave-vaisselle, sécheuse, etc.
Les équipements domestiques (à lexception du chauffage) ne fonctionnent pas long temps donc ne consomment pas beaucoup, mais provoquent des accumulations rapides de fortes demandes momentanées mettant inutilement à rude épreuve les réseaux de distribution de lHQ.
Souvenez-vous encore lexemple du chauffage deau? Celui expliquant que le besoin de 10 kWh dénergie peut être satisfait par 1 kW durant dix heures aussi bien que par 10 kW durant une heure? Mais, ce nest pas tout, on peut le faire aussi avec 40 kW durant les 15 minutes.
Vous êtes encore là? Vous me suivez?
Et nous, comme les clients de lHQ? Autrefois nous étions plus patients. Mais maintenant nous navons plus de temps, nous voulons avoir tout et tout de suite. Si on chauffe quelque chose, ça doit être chaud i-m-m-é-d-i-a-t-e-m-e-n-t ...
Alors nous créons les problèmes pour nous même. Il faudra le comprendre bien et changer notre attitude aussi vite que possible, si non, à certain moment, nous serons contraints de le faire.
Rôle à jouer par les centrales dappoint:
En principe, centrales dappoint doivent être conçues pour lopération d'une durée courte et occasionnelle. Ce caractère intermittent de leur opération et la proximité de leur raccordement aux points stratégiques de distribution et consommation permettent aussi à limiter leurs tailles et ainsi, au bout de compte, les rendre relativement moins chères.
Si la demande dun pays augmente trop vite, il est plus facile (au niveau politique et décisionnel) de faire recours à la construction de centrales dappoint que de chercher d'autres options demandant plus de réflexions. Mais, au bout de compte, si on devient vraiment obligé à construire des centrales dappoint il faut au moins sassurer quelles deviennent aussi vraiment utiles.
De ce point de vue - lhistorique des tentatives de construction des centrales dappoint au Québec (Tracy, Delaney et Suroît) est bien éloquent:
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Centrale thermique: Tracy - utile
Initialement cette centrale particulière a été construite pour un double emploi. A lépoque de sa construction nous avions à Montréal plusieurs raffineries de pétrole. On avait le surplus de résidus de raffinage dont il fallait se débarrasser. Le bunker C en faisait partie. Alors, on a essayé de marier le nécessaire avec lutile en construisant la centrale thermique avec un parc des gros réservoirs. Le but visé a été daccumuler, durant lété, le surplus de bunker C et de le brûler durant les pointes de demande en hiver. Cette décision a été et continue dêtre justifiable mais, avec quelques améliorations à faire - jy reviens à la fin de ces réflexions ( 3 ).
Centrale hydraulique: Delaney - dépassée
Plus tard, dans les temps où on avait encore un surplus délectricité pour la consommation (juste avant le lancement des programmes de bi-énergie), on a voulu construire une centrale dappoint basée sur le principe de lenvoi de leau dans les deux sens. Pendant les heures hors de la pointe de la demande leau devait être pompée vers le réservoir supérieur, puis, réutilisée durant les pointes de demande. Cette idée est appliquée depuis long temps en Norvège (entre autres) où cela correspond bien aux conditions spécifiques européennes, mais chez nous, elle nassurerait pas les mêmes résultats. Donc, prenant encore en considération le coût de linvestissement, ce beau projet a été mis à rancart.
Centrale thermique: Suroît - indésirable
Cette fois-ci on veut faire lappoint avec du gaz naturel. Daprès les promoteurs - cest beau, propre et indispensable. Oouui! - mais ... comme on est impliqué au niveau décisionnel il est plus facile de se faire emballer et devenir un grand enthousiaste dune telle idée.
Voyons donc! Ça fonctionnera au gaz naturel qui est très à la mode chez nos voisins (moins polluant que pétrole ou charbon). Ça va produire électricité quon pourra vendre très cher durant les heures des pointes de demande chez nos voisins. Ça va augmenter la consommation du gaz naturel en été tout en améliorant aussi le rendement de la Société Gaz Métropolitain (GM). Ça va créer les emplois temporaires et permanents. Bref, à quoi bon attendre pour passer aux actes?
Cependant, si on regarde lensemble des effets de ce que ce projet peut nous amener, on commence à se poser de plus en plus de questions sur son utilité. Surtout, quon ne parle plus de centrale thermique dappoint mais de centrale thermique tout court. Et, ce nest plus la même chose.
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Essayons donc de sortir des chemins battus par la promotion et de regarder la question sous un angle différent:
Pour moi, les points les plus critiques sont les suivants:
1. Les gisements du gaz naturel ne sont pas inépuisables et rien quà regarder la manière de leur exploitation par nos voisins du sud, cela risque de ne pas durer longtemps. Quelques années? Et puis? Après?. Ce qui est sûr, cest quon manquera de gaz naturel plus vite que deau dans les réservoirs (adéquatement gérés) de lHQ.
Les derniers commentaires de Monsieur Greenspan de la Réserve Fédérale, sur les besoins daccroissement des importations du gaz liquéfié aux Etats Unis, deviennent plus quéloquents.
2. Loption dune centrale, même la plus grande, ne résoudra sûrement pas de problèmes résultant des surcharges et pannes locales survenant aux bouts des branches du réseau de la distribution délectricité. Autrement dit, on peut se retrouver pour quelques jours ou semaines sans électricité juste à côté dune centrale - même la plus grande et la plus moderne. Souvenez-vous le temps du fameux verglas? Et pourtant ce na pas été une période de grosses demandes ...
Donc, largument de la sécurité dapprovisionnement en électricité ne tient pas trop. Lassurance de sécurité dapprovisionnement se joue surtout aux bouts des branches de la distribution délectricité, dans les cours des utilisateurs.
3. On ne parle pas assez du rendement énergétique de tel projet. Cependant, il ne semble pas être exclu quune moitié dénergie ainsi consommée (malgré le rendement promis bien supérieur quailleurs) sen ira inutilement pour empester lenvironnement.
4. Une centrale thermique de telle capacité (~800 MW), prévue pour une production à presque pleine capacité et à lannée longue, installée à cet endroit, inquiète. La même quantité de boucane ne produit pas de mêmes effets en été quen hiver. Donc: on risque davoir enfin notre propre smog estival et cela, cette fois-ci, à partir de West Island.
5. La question de la propriété des installations: Si la centrale thermique nappartient pas à lHQ, cela risque de peser lourd sur les coûts et la flexibilité de son exploitation (lobligation de payer pour électricité quon risque de ne pas être en mesure de produire ...).
Mais, remarquons le bien: lidée dune prise de contrôle par lHQ sur une partie de la distribution du gaz naturel comme une des sources dénergie dappoint au Québec est, daprès ma perception, très valable en soi - jy reviens à la fin de ces réflexions ( 3a ).
Ce nest que la pointe de liceberg. Mais, si on peut déjà lapercevoir, il est plus prudent de réfléchir avant de foncer ...
Est-ce quil y a dautres options permettant assurer lapprovisionnement convenable en électricité?
Evidemment que oui. Mais, pour laborder, il faut dabord vouloir de le comprendre et de le prendre en considération.
Dans la suite, je me concentrerai sur ce que je trouve le mieux adapté à nos conditions spécifiques. Mais avant de le commencer: une remarque pertinente suivie quune digression qui me tient à cur.
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Attraper par la tête ou par la queue?
Si on veut attraper un serpent, il faut le saisir par la tête... vous le savez bien.
Par contre, si on veut résoudre les problèmes dapprovisionnement en énergie (électrique en occurrence) et cela le plus efficacement possible, il faut sy prendre autrement.
Le besoin daugmentation dalimentation en électricité, résultant de laccroissement de la population, on lattrape presque simultanément par la queue et par la tête, cela veut dire, on commence par amélioration de lefficacité de son utilisation et on termine sur les corrections des sources dapprovisionnement.
Par contre, la demande momentanée ne peut être attrapée que par la queue. Ce que veut dire: par son contrôle et sa limitation aux extrémités des branches du réseau de distribution délectricité.
Cest fondamental et incontournable!
Cela demande un changement dattitude et daptitude, tant de lHQ que de ces clients.
Je me souviens ...
En 1995, dans la foulée promotionnelle avant le référendum, Monsieur Jacques Parizeau a posé une question ressemblant à dans quelle sorte de pays aimeriez-vous vivre? et laissait la place vide dans la brochure pour que chacun puisse le préciser et lécrire pour soi même.
La mienne est encore vide ... mais la question posée ne me lâche pas.
Vous diriez que je mécarte du sujet ... Pas tellement ... Connaissez-vous le principe des vases communicants? Tout y est relié, interdépendant et finit par séquilibrer. Par cette digression je veux attirer lattention sur le rôle et les obligations pour lesquels l'Hydro-Quebec a été créée.
Donc, après des années de réflexions jarrive aux premières conclusions quun pays, quel quil soit, pour être stable et prospère doit reposer sur trois piliers: lEducation, la Justice et lEconomie. Tous les trois basés sur ce qui me plaît dappeler le GBS (le Gros Bon Sens) et sur la saine compétition / concurrence. Mais les deux premières précèdent, portent tout le poids et élaborent le troisième, comme complémentaire, afin dassurer léquilibre de cet échafaudage.
Structurellement, le pays doit ressembler au corps humain, il doit avoir:
le cerveau: le gouvernement
la colonne vertébrale: les institutions publiques
les muscles: secteur privé.
Lintérêt commun et le GBS devraient primer.
Le secteur privé cest comme des enfants, il faut les laisser jouer entre eux-mêmes pour quils développent leur propre imagination, initiative, talents, bref - la passion de vivre et créer. Mais, il faut les avoir toujours à loeil pour prévenir et limiter des excès (dans le sense de dégâts prévisibles).
Le secteur privé, cest lessence de la dynamique du développement social, mais, si le secteur public le place dans un environnement malsain, il devient cancéreux, et cela très vite.
Le droit à la propriété des fruits de son travail, cest fondamental. Mais, si cela concerne le secteur privé, cela doit sappliquer pareillement au secteur public.
Le but des services publics est dassurer laccès aux produits et services de base indispensables pour lépanouissement de tout le monde.
Lalimentation en énergie est un de ces éléments de base.
La tarification et participation dans toute sortes de programmes (subventions) mis en marche font partie des éléments de la politique sociale. La politique sociale peut être très efficace à long terme, mais si elle est mal comprise ou mal appliquée, elle devient comme un bâton mis dans les roues du développement du pays.
Après cette tentative de préciser mes réflexions (en réponse à la question posée par M. Jacques Parizeau dabord et de là - pour prendre élan afin daller plus loin) je passe aux éléments pratiques de ce que jaimerais bien de suggerer. Des suggestions dont le but est de réduire la demande délectricité ou au moins de ralentir sa croissance injustifiable.
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En quoi consistent ces suggestions?
Elles consistent dabord en application du principe de lutilisation simultanée de diverses sources dénergie et non pas alternative telle que préconise lHQ dans ses programmes de bi-énergie.
Par quels moyens on peut réaliser ce principe de simultanéité?
On peut le réaliser uniquement par lapplication, de ce que jaime appeler, des systèmes hybrides.
La différence dappellation (systèmes hybrides versus bi-énergie) peut sembler insignifiante mais la différence dans les effets de leurs fonctionnements est considérable.
En quoi consiste la particularité de lidée des systèmes hybrides?
Avant dy répondre, commençons par ce quon reproche au principe des systèmes de bi-énergie.
Une des conditions pour obtenir le tarif bi-énergie était de posséder deux installations distinctes et de même capacité de chauffage: électrique et à lhuile ou au gaz. Cependant, en bas de -12°C lutilisation de linstallation électrique de chauffage est fortement découragée par la différence de tarif appliqué.
Cela force les propriétaires à payer plus cher pour des installations quils ne peuvent pas utiliser et contribue à la création des pointes de demande là où lHQ nen avait pas avant et na pas besoin non plus, tout en perdant le potentiel de vente délectricité hors pointes de demande pendant les températures extérieures inférieures à -12°C.
Remarquez bien, je présente ici la bi-énergie dune manière simplifiée, en réalité il y a de plus en plus des nuances dans son application et dessais damélioration.
Maintenant, regardons un peu lidée des systèmes hybrides. Elle permet de greffer toute sorte déquipements dune capacité correspondant le mieux aux besoins, mais elle suggère de faire cela de la façon qui permet daccroître la consommation délectricité sans augmenter la demande (... au moins - si on ne peut plus la réduire).
Cela exige plus dimagination tant en application déquipements que de limiteurs ou commutateurs des charges.
En retour, lapplication des systèmes hybrides bien élaborés permet une flexibilité de lutilisation de différentes sources dénergies là où la bi-énergie se limite à une simple commutation entre lélectricité et autres sources dénergie (tout à électricité ou presque rien).
Les systèmes hybrides permettent aux propriétaires dajuster la consommation dénergie provenant de différentes sources, en fonction de leurs besoins, et en fonction des fluctuations des prix, ce qui favorise à son tour une saine concurrence et équilibre du marché.
Le principe des systèmes hybrides sadapte bien depuis la plus petite cabane jusquà la plus grosse industrie.
Alimentation en énergie durant de situations dexception
Malgré le progrès technique, la fébrilité des activités humaines conjuguée aux événements naturels rendent lalimentation en énergie de plus en plus vulnérable à toutes sorte de pannes.
Donc, il faut le prendre en considération et, de se doter des installations assurant une alimentation tant en électricité quen chaleur, rencontrant critères durgence.
Dans la majorité des édifices dutilité publique et commerciale il y a déjà des génératrices durgence. Mais, elles sont prévues plutôt pour lalimentation électrique indispensable au fonctionnement des installations essentielles durant des pannes de lHQ et la chaleur produite à cette occasion (~2/3 de valeur thermique du combustible consommé) est perdue au lieu dêtre récupérée comme chaleur dappoint ou durgence.
Dans lindustrie (avec de rares exceptions) on est encore moins prévoyant.
Je mentionne tout cela en grandes lignes juste pour dire quil y a encore beaucoup de choses à explorer et mettre en marche.
Mais, jaimerais mettre bien en évidence que la survie sorganise efficacement uniquement localement (dans la cour de client) et non pas à distance.
Encouragement à la réduction de demande délectricité
Cest une affaire non seulement de lHQ mais de toute la communauté, et cela, proportionnellement aux besoins et disponibilité des moyens.
Tarification.
Depuis des années lHQ se distingue par sa façon de facturation des coûts délectricité.
Entre autres, la majorité de ses tarifs comprennent la partie des coûts reliée à la demande et lautre: à la consommation.
La mise en évidence de la répartition des coûts entre les deux est très persuasive et comme telle, fondamentale pour une saine politique énergétique.
Malheureusement, le nombre croissant de différents tarifs rend cette intention exemplaire (de la politique de tarification dautrefois) moins transparente à présent.
Cependant, il est possible détablir un tarif unique pour toute la clientèle de lHQ.
Ce qui serait souhaitable cest davoir une évaluation transparente du prix unitaire de production dun kWh, mise à jour annuellement, et de lappliquer à tout le monde sans exception.
Par contre, le coût de la demande (kW) refléterait les coûts de transmission, transformation et de distribution.
Cette approche permettrait mettre mieux en relief le coût de la demande, conscientiser et inciter ainsi tous les clients à découvrir des moyens déjà existant qui permettent leur réduction (tant de demande que de son coût).
Ici il faut mentionner lutilité dun indicateur révélateur FU (Facteur de lUtilisation délectricité). Cest ce qui résulte de la division de la consommation réelle en kWh par la consommation théorique quon pourrait atteindre si on avait utilisé la demande (en kW) continuellement.
Autrement dit, si on constate que FU= 60% cela indique quon payant la demande (la plus haute consommation arrivant durant 15 minutes pendant la période de facturation de 30 jours - exprimée en kW) il nous reste encore quelques 40% de consommation disponible à un coût sensiblement inférieur.
Or, les moyens de réduction ou de limitation de la demande sont aussi nombreux et variés que leurs efficacité et leur coût. Ainsi, au lieu dinvestir en amont des grosses lignes de transmission il est plus profitable économiquement et socialement dinvestir en aval. Cela permettrait de démarrer un des grands projets de société quil manque depuis quelques temps. Cette foi-ci un grand projet de la société encourageant améliorations de lutilisation dénergie en général (avec laccent mis sur la réduction de la demande délectricité) et - sans contraintes injustifiables.
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Participation stimulant la réalisation des améliorations
Dans le secteur privé, lactivité dentreprises est axée sur le profit et en général sur celui à court terme.
Les entreprises à caractère et propriété publique devraient viser des avantages plus complexes et à long terme.
Cest pour cela que les montants des participations (subventions) devraient être évalués de manière à permettre aux clients de récupérer leur participation en deux à trois ans.
Cependant, le nombre de programmes augmente et la perception de leur profitabilité chez les bénéficiaires diminue.
La méfiance sinstalle ...
On a limpression quon devient lobjet de la pêche à la ligne. Si on se permet davaler lappât ... on risque de se retrouver ... à sec.
Ce nest pas rare quon devient forcé de dépenser, en fin de compte, plus quil neut été le cas de le faire sans programmes. Ce qui tourne de bonnes intentions au vinaigre. ( 4 )
Après ces explications, servant dexemple (sans toucher lindustrie - qui en demande plus), revenons aux réflexions sur lutilité des projets des centrales thermiques dappoint en général et celle à Suroît en particulier.
Malgré lapparence logique de largumentation des promoteurs de la centrale, daprès mes observations et analyses ponctuelles, nous navons pas encore assez exploré dautres options moins périlleuses et plus efficaces.
Si on installait (avec une collaboration et support de HQ et de GM) des petites centrales délectricité, à gaz (naturel ou dautres) ou à lhuile, directement chez clients de lHQ, tout en réutilisant la chaleur rejetée par ces génératrices au chauffage de leurs bâtiments, on arriverait à augmenter sensiblement le rendement de lutilisation dénergie en général et ainsi - bien au-delà de ceux des grandes centrales thermiques.
En plus, on gagnerait plusieurs effets secondaires, au moins une fois bénéfiques, et non négligeables:
a. On éliminerait la charge environnementale concentrée, en la remplaçant par de petites charges environnementales locales, relativement un peu plus polluantes mais, fonctionnant de manière intermittente et éparpillées dans le décor et à la grandeur du Québec.
b. On gagnerait des sources délectricité durgence avec chaleur dappoint - locales (proches des sources de la demande tant électrique que celle de chaleur de chauffage).
c. On gagnerait sur laugmentation de la capacité du réseau de la distribution délectricité existant (par la libération des charges inutiles) tout en diminuant la nécessité de remplacement des équipements déjà en place.
d. On déclencherait une création rapide des PME spécialisés dans le domaine et ainsi demplois permanents plus nombreux, et ce, à travers du Québec et non, limité et locale, engendrés par une grande centrale thermique.
Comme vous pouvez le constater, je ninvente ici rien de nouveau. Jessaie seulement de mettre en évidence les choses bien connuesmais non assez appliquées.
Tout ce qui précède est bien connu aux employés tant des services techniques de HQ et de GM que des institutions et entreprises publiques (au moins théoriquement). La différence consiste uniquement dans les nuances de vision et dapplication.
Cependant, ce qui est surprenant (et troublant pour moi) cest que cette connaissance de la problématique ne transpire pas assez (daprès mes observations) dans les présentations finales des projets et encore moins dans les décisions qui les suivent.
En résumant
Nous avons devant nous quelques années disponibles (deux à trois daprès les prévisions de HQ lui même), si nous attaquant le problème de la demande tel que je viens décrire, nous pourrions réduire la demande requise plus que la centrale projetée à Suroît peut nous apporter, et cela, dune façon sensiblement plus efficace.
Remarquons bien, est-ce que nous navons pas eu, durant la vague de froids en janvier dernier, dune réduction de la demande évaluée à ~700 MW en réponse au simple appel des médias émanant de la direction de notre cher HQ?
Si on avait appliqué ce que vous venez de lire, nous naurions pas eu besoin ni dappels à notre sens civique (quoique très louable dans le sens de solidarité de réponse) ni de centrales thermiques de type proposé à Suroît non plus.
Je ne mentionne pas ici des mérites des autres sources dénergie complémentaires, vous en aviez assez attendus parler.
Depuis lautomne dernier, on parle beaucoup de réingénierie du Québec, cest une occasion rêvée à ne pas manquer de le faire. Ce serait un des plus beaux des consensus pour le bien de tous...
Noublions pas, l'Hydro-Quebec est le système cardio-vasculaire de léconomie québécoise. Si on se concentre uniquement sur le pontage de son cur sans faire attention au fonctionnement du reste, qui détermine la santé de lorganisme économique entier, nous nirons pas loin...
Ceci nest quune esquisse de ce quon peut dire et écrire là dessus si seulement cela pouvait susciter lintérêt des discussions constructives et non celles menant nulle part ...
Antoni Wysocki - demeurant à Montréal depuis son arrivé au Canada en 1969
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( 1 ) importé - jadore cette expression, elle me semble être purement québécoise. Elle est fine, me flatte et me distingue, et cela au même titre que le surnom Antoine Tête de pioche, que ma assigné, en me dédiant son livre, le regretté René Lévesque. Peut-être cela explique ma manière de voir et dexprimer des solutions de la problématique décrite ici? Je vous laisse avec. Mais, avant de commencer à me tirer dessus, essayez dy réfléchir à votre tour. Il me ferait un grand plaisir si on arrivait, ensemble, à ressusciter (à loccasion de Fêtes des Pâques passées) le vieux crie de ralliement: ... on est six millions - il faut se parler ... ( retour à 1 )
( 2 ) Juste pour les fins de comparaisons rapides des quantités dénergie totale, au Québec, et daprès la règle du pouce: 1 litre du mazout = 1 m3 du gaz naturel = 10 kWh
Mais, les quantités dénergie utile (après la combustion) dépendent des rendements déquipements. ( retour à 2 )
( 3 ) Centrale thermique dappoint: Tracy. Elle a passé les moments difficiles mais elle demeure là. Daprès ma perception, elle a un potentiel de développement très intéressent: localisation, espace et accès à un important bassin de matière grise. On pourrait y ajouter un bloc de turbines au gaz naturel et de lutiliser en été. Cela aiderait GM et, en même temps, permettrait à HQ de développer lexpertise dans le domaine de complémentarité des autres sources dénergie pour le rasage des pointes de demande.
Le surplus de chaleur évacué dans le ciel présentement pourrait servir au chauffage des serres, dhabitations et de locaux crées pour une pépinière de PME. Les PME dont la majorité serait axée sur le développement dapplication des systèmes hybrides et des équipements le facilitant ainsi que dautres comme: éoliennes, solaire, géothermique et jen passe.
Cette nouvelle aptitude de complémentarité de diverses sources dénergie afin damélioration de leur utilisation propulserait lHQ en avant de la scène comme leader de savoir-faire dans lutilisation optimale de lénergie de lAmérique du Nord et non uniquement de celle de lélectricité.
Les centrales Tracy et Gentilly devraient devenir les laboratoires à léchelle industrielle de diverses technologies dépuration de tous ce quelles rejettent dans lenvironnement.
En plus, ne riez pas, - le retour au charbon (sur lequel on crache encore en ce moment) et au coin de la rue, il faut être préparé pour une nouvelle manière de son utilisation, mais cette fois-ci, réduisant sa nuisance pour lenvironnement - impensable autrefois. ( retour à 3 ) ( retour à 3a )
( 4 ) Saviez-vous ce qui éveille la méfiance des clients envers toute sorte de programmes, projets, compagnies, entrepreneurs et avorte beaucoup de projets? Cest chacun pour soi généralisé.
Chacun prétend que son produit ou sa technologie sont les meilleures et les moins chers au monde et règlent tous les problèmes même - sils savent que ce nest pas vrai dans de cas particuliers.
Gaz, électricité et lhuile se marient à merveille à travers des systèmes hybrides.
Il ne faut pas être trop égoïste et mesquin. Si on est plus ouvert aux autres et on explique les avantages et inconvénients des solutions suggérées - cela inspire plus de confiance réciproque et dénoue des ficelles des bourses.
Le partenaireship entre les joueurs des trois sources dénergie devient incontournable et beaucoup plus profitable pour tout le monde. ( retour à 4 )
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Antoni Wysocki - gradué de la Polytechnique de Gdansk en Pologne (1961) et diplômé de lInstitut Français du Froid Industriel au CN-A&M à Paris (1968).
Autrefois impliqué dans la conception: du programme de lentretien préventif du Palais de Justice à Montréal (chez Contrôles Appliqués - Warnock Hersey), du système deau réfrigéré du Complexe Desjardins à Montréal (chez Pageau, Morel & Bouthillette et Parizeau), de lensemble des systèmes de CVAC de la Place Le Portage ph.III à Hull (chez LGL) et de lensemble des systèmes de CVAC de Arvic Polaris Mine Project (chez Bechtel).
A partir de 1975, en pratique privé: menait les analyses exhaustives de lutilisation dénergie par complexes: Place et Hôtel Bonaventure, Cité Concordia, Siège social de lAlcan, CEGEP André Laurendeau, Centrale Thermique de CNR, Centres Postaux; Centre-Ville et St-Laurent - tous à Montréal. Passionné de lutilisation optimale dénergie.
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mis à jour le 28 juin 2004
et: la suite
ajoutée le 12 octobre 2004